Les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées

Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées

L’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ci-après l’Enquête nationale) a été officiellement lancée le 3 août 2016. Les commissaires ont été chargés d’examiner les politiques et pratiques institutionnelles mises en place en réponse à la violence, notamment celles qui se sont avérées efficaces pour réduire la violence et améliorer la sécurité des femmes et des filles autochtones, puis de produire un rapport à ce sujet.

Le GTNO a pleinement soutenu l’enquête nationale indépendante, financée par le gouvernement fédéral, sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, et reconnaît et honore les familles participantes. La force et le courage dont elles ont fait preuve en racontant leur vérité et en témoignant au nom de leurs proches ont constitué une étape essentielle qui permettra à ce territoire et à ce pays de faire face à la question des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées et d’y remédier.

Le 4 octobre de la même année, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (GTNO) adoptait un décret en vertu de la Loi sur les enquêtes publiques afin de donner aux commissaires de l’Enquête nationale les pouvoirs nécessaires pour examiner pleinement les questions relevant de la compétence des Territoires du Nord-Ouest (TNO).

L’Enquête nationale a tenu 9 audiences institutionnelles, 15 audiences communautaires et des séances de consignation des déclarations additionnelles au sein des collectivités canadiennes. Ses membres ont entendu plus de 2 300 personnes qui ont raconté leur expérience, exposé leurs traumatismes, livré des témoignages et formulé des recommandations à travers des expressions artistiques. Une délégation s’est rendue dans la collectivité de Yellowknife le 28 août 2017 et une audience communautaire s’est déroulée du 23 au 25 janvier 2018.

Au total, plus de 2 300 personnes ont présenté leur témoignage et recommandé des changements. La seule organisation autochtone des TNO ayant qualité pour agir dans le cadre de l’Enquête nationale était l’Association des femmes autochtones des TNO. Les observations finales du GTNO à l’Enquête nationale ont appuyé les quatre principales recommandations formulées par l’Association des femmes autochtones des TNO, qui s’adressent à tous les niveaux du leadership canadien, que ce soit à l’échelle des gouvernements fédéral, provinciaux, territoriaux ou autochtones :

  1. Nous devons reconnaître que la violence contre les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQQIA+ autochtones est une crise qui exige une réponse coordonnée de toute urgence.
  2. Nous devons rétablir et cultiver la confiance entre tous les paliers de gouvernement, tous les fournisseurs de services, toutes les collectivités et tous les Canadiens.
  3. Nous devons nous assurer que tous les services gouvernementaux sont conçus pour les collectivités et centrés sur les personnes.
  4. Nous devons nous doter d’une entité importante et responsable, chargée du suivi et de l’évaluation de la reconnaissance, par les gouvernements, des efforts nécessaires pour rétablir la confiance et mettre en œuvre des services conçus pour les collectivités et centrés sur les personnes.

Le mot « nous », utilisé dans la formulation des recommandations présentées par l’Association des femmes autochtones des TNO, délivre un message clair : chacun a un rôle à jouer en tant que participant.

Le rapport final 2019 de l’Enquête nationale, Réclamer notre pouvoir et notre place, conclut que la violence décrite au cours de l’enquête « équivaut à un génocide racial des peuples autochtones » qui vise les femmes et les filles.

Le rapport final comprend 231 appels à la justice, dont l’un a pour but de développer un plan d’action national en réponse aux appels à la justice. Les conclusions et les principes suivants, nommés dans le rapport final, sont communs à tous les appels à la justice :

  • Un changement absolu de paradigme est nécessaire pour lutter contre le colonialisme et la discrimination raciale et sexuelle à tous les ordres de gouvernement et dans toutes les institutions publiques.
  • L’exposition à la violence n’est pas un symptôme des lacunes des services, c’est le signe d’une violation systémique des droits des femmes autochtones à l’égalité entre les sexes, qui nécessite de vastes changements structurels des politiques et des processus gouvernementaux.
  • La mise en œuvre des appels à la justice doit impliquer la participation des personnes ayant une expérience vécue, de même que le point de vue des familles des personnes disparues et assassinées et des survivantes de la violence.
  • Les gouvernements et les femmes autochtones doivent influencer les solutions et les services gouvernementaux pour favoriser un véritable partenariat.
  • L’interprétation et la mise en œuvre des appels à la justice doivent inclure les langues et la culture autochtones.
  • Il est essentiel de tenir compte des traumatismes dans toutes les politiques, procédures et pratiques de prestation de services.
  • Les femmes et les filles autochtones déploient de sérieux efforts pour être autonomes (notamment en ce qui concerne la prestation de services) mais se heurtent à des obstacles de taille en raison des modèles de financement à court terme ou axés sur les projets utilisés par les gouvernements. Le financement des programmes et des services sous forme de contribution doit être durable et fondé sur les besoins.